5 – La première récolte

Pied de vieille vigne de Grenache que nous avons pu sauver
Pied de vieille vigne de Grenache que nous avons pu sauver

Fin septembre 2007. Le moment de la première vendange est enfin arrivé. J’étais tellement impatiente. Je trouvais que le raisin était magnifique, bien sûr et espérais que le premier vin soit à la hauteur de mes espoirs.

Avec les quelques cépages qui avaient survécu, il ne pouvait être fait que du Rouge la première année. De toute façon, je n’aurais pas pu faire autre chose, je n’avais pas encore de pressoirs, nécessaires pour les Rosés et les Blancs.

vendanges
A la recherche des grappes

Nous avons récolté en comité réduit, la famille et quelques amis et ce moment reste inoubliable pour certains et pour moi en particulier. La première récolte, pour faire le premier vin des Vallons de Fontfresque. Un grand moment !!! Nous avons arpenté les 5 hectares de vignes que nous avions pu sauver, armés de sécateurs et de seaux à vendanges. Chaque pied de vigne était inspecté avec soin pour être sûr de ne rater aucune grappe, il y en avait si peu, qu’il ne fallait pas en oublier.

Repos vendangeurs
Petit repos bien mérité

Cette première vendange à été l’occasion de bonnes parties de rire mais également de bons tours de reins. Le début du ramassage se faisant très tôt le matin afin que le raisin soit le le plus froid possible, les feuilles de vigne étaient couvertes de rosée matinale et l’on s’est très vite retrouvés complétement trempés à force de plonger les bras dans les ceps. Le soleil de milieu de matinée a rapidement remédié à ce petit problème et après avoir marché dans tous les rangs de vigne et porté des dizaines de seaux de raisin, nous avons vite séché.

caisses et seaux
Premier raisin

Nous n’avons eu de quoi remplir qu’une petite cuve avec le peu de raisin récolté mais, j’en étais certaine, cela allait être ma Cuvée « collector » ; elle allait, forcément, être fabuleuse !!!

raisin tombe dans cuve
Première vendange « artisanale » avant les gros travaux du chai
Sophie sous l'égrappoir
Ma fille Sophie, sous l’égrappoir

Après des acrobaties et séances de gym dans le chai pour passer de la partie haute à la partie basse par la petite échelle en bois car l’escalier n’était pas encore prêt, nous avons réussi une belle vinification avec un élevage en fût de chêne.

Cela aussi a été un grand moment, l’acquisition de nos premiers tonneaux. Nous sommes allés les acheter dans un grand domaine dans lequel ils avaient déjà servis pour faire leur vin. Cela nous permettait d’atténuer la puissance du bois de tonneaux neufs et de profiter d’arômes subtils imprégnés dans le chêne par les vins précédents. Astuce d’œnologue….

je goute le 1er jus
Je goûte le premier jus.

Pour la récolte suivante, en septembre 2008, les travaux du chai étant presque terminés, il nous fallait des grosses cuves en inox car nous allions commencer à faire du vin Blanc et du vin Rosé aussi.

Nous les attendions avec impatience ces fameuses cuves inox, nous en avions impérativement besoin. Une semaine avant les vendanges, les cuves n’étaient toujours pas arrivées. On nous promettait tous les jours une livraison imminente. Deux jours avant le début des vendanges, toujours pas de cuves. Le fournisseur nous appelle, paniqué, nous l’étions beaucoup plus que lui et pour cause, notre récolte était en jeu. Son camion sur lequel étaient chargées nos cuves, avait été volé pendant la nuit !!! Je dois avouer que je n’ai pensé qu’à mes cuves et pas à son camion. Par chance, pour moi, il y a toujours une bonne étoile, les voleurs du camion ont eu l’excellente idée de décharger les cuves avec la grue du camion afin qu’elles ne les encombrent pas et puissent rouler plus vite avec leur larcin. Le fournisseur s’est fait prêter un autre camion pour assurer la livraison de nos cuves tant attendues.

Cuve dans travée
Les cuves qui ont failli ne pas rentrer dans le chai

Aïe, l’angoisse !!! Les cuves ont l’air d’être plus grosses que la grande porte du chai. Comment une chose pareille pouvait être possible. Les cotes avaient pourtant été prises. Il n’y avait pas le choix, il fallait absolument qu’elles rentrent.  Deux centimètres … c’est tout ce qu’il y avait d’espace entre les côtés de la porte et la cuve. Elle n’avait pas intérêt à se mettre un peu de travers sinon elle n’allait pas rentrer c’est sûr. Après plusieurs heures, à avancer centimètre par centimètre dans la travée centrale du chai, les deux cuves ont pu être logées dans l’espace qui leur était destiné. On avait pris des gros risques, au millimètre elles sont rentrées. Elles devraient y rester un bon moment car il était hors de question qu’on ait envie de les changer de place.

2 cuves
Les 2 cuves sont rentrées au millimètre près dans leur espace

A la semaine prochaine pour la suite.

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