Every year, to introduce the new vintage to my clients, I plan a special event on Domain grounds. This time, 150 people joined me and spent good times under the arbours in front of the vines while enjoying the excellent culinary creations from my friends Marie-Pierre and Alexandre GALL (tastebuds agitator LOCODICI).
With my friend Marie-Pierre GALL, Chef, creator of delicious dishes
Refrigerated rosé wine, ready to be tasted!!!
Buffet inside the tasting roomLunch with a view… on the vines.Music, good food, magnificent wines (obviously), a great moment for allMe, happy that my guests are having a great timeEvery wine was tastedDelicious tapenadeBlues concert, with the excellent FIVE BLUESMEN band
Little things… delicious littles things.Ambience and dance
This day was so successful that I may very well do more of those Lunch-Concert-Wine tasting events at the Domain.
I’ll see you on Sunday the 8th of July, when the history of the Domain will resume!!
Claire
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Comme tous les ans, pour présenter le nouveau millésime de mes vins à ma clientèle, j’organise une réception au Domaine. Cette année, 150 personnes ont répondu présent et ont pu passer un très bon moment sous les tonnelles devant les vignes en dégustant les excellentes créations culinaires de mes amis Marie-Pierre et Alexandre GALL (Agitateur de papilles LOCODICI).
Avec mon amie Marie-Pierre GALL, Chef, créatrice de mets délicieuxBienvenue au Domaine
Le vin Rosé est au frais, prêt à être dégusté !!!
Buffet dans le Caveau de dégustationRepas avec vue sur les vignesMusique, bon repas, vins merveilleux (bien sûr), très bon moment pour tout le mondeJe suis ravie de faire passer un bon moment à mes invitésTous nos vins ont été dégustésTapenade délicieuseConcert de Blues, avec l’excellent groupe Les FIVE BLUESMEN
Exemple de petites choses délicieusesAmbiance et danse !!!
Devant le succès de cette journée, il est bien possible que je fasse plus souvent des Repas-Concert-Dégustation des vins au Domaine…
A dimanche 8 juillet pour reprendre le cours de l’historique du domaine !!!
Winemaking facility (chai de vinification) and tasting room, after intensive construction work
Vines restructuring well underway, it was time to start working on the ‘chai’ (Translator’s comment: French word for the actual winemaking facility where the grapes are turned into wine, pronounced a bit like BAY). My project, insane as it was; to produce my first wine in this chai following the very first harvest, looming on the horizon… in September 2007. You have seen, in my first chapter, how the chai looked like as I saw it for the first time; you, certainly, have been impressed – as I was – by its state.
Where was I to start? A tremendous task ahead!!! Maybe not for people used to constructing pyramids on a daily basis, but for me, it was a huge challenge.
Starting construction work on the chai – October 2006
It would have been way easier to just bring the grapes to a local co-operative for 2 or 3 years, while the chai construction works were peacefully conducted. Not on my watch! I HAD to make my wine on Domain grounds from the very first harvest on.
We had to destroy every useless part inside the chai and completely redesign it. It was 40 year old and must have been used to produce more than a thousand hectolitres of wine a year, looking at the size of some of the concrete tanks found there. It certainly wasn’t with the 12 acres of vines we would end up with, once restructuring was done, that we would be able to fill those huge tanks.
360 hectolitres concrete tank, front side and top were cut
We then had to open all of these oversized tanks and create empty spaces to make room for temperature-controlled stainless-steel vats. Something I can tell you for sure, in old times they knew how to make ultra strong concrete. The extremely thick walls of those tanks were completely filled with metallic wires. The quantity and thickness of those wires made it clear that this concrete was designed to last hundreds of years.
We used a whole array of equipment to destroy those obsolete walls; pneumatic drill, disc grinder, diamond chainsaw. Oh yes, very luxurious, but diamond chains were the only ones sturdy enough to cut trough that kind of concrete thickness. Eventually, I just stopped counting how many of those we used. However, this diamond thing was starting to be extremely expensive and alternative solutions needed to be found; we were never in the process of building a high-classjewellery, but a winery. We managed to finish the whole thing with a thermal lance.
We did keep one tank upstairs and transformed it into a tiny office – the red varnish on its ceiling was washed and left as-is.
It was also required to create a real staircase in order to move easily between the two levels. It looked like this place was designed at the time – 100 years ago I reckon – to be a semisubterranean building. Which means the upper level of the chai can be accessed at ground level, the lower level being on the hillside. The lower level was also at ground level but on the other side of the building. This construction technique allowed temperature isolation from the soil and natural temperature control inside the chai, all year long.
Drawing of the chai, upper and lower level entrances
A staircase was paramount, the only way to quickly get from one level to the other was a flimsy wooden ladder. Let me tell you that, after risking my life a few times on insecure steps, I was more than in a hurry to get the stairs completed.
My second son, Marc, opening a stairwell with a pneumatic drill
Many months of construction work were required to make the chai what it is today. I will spare you the long and boring details but know that no amount of unexpected incidents and difficulties were spared, eventful from the word go.
My dog Blue was very busy too during all of this. Well, he actually preferred to oversee all this turmoil, from a distance, ensconced in a backhoe bucket.
Coming up next week, a few words about the anguish we experienced when we realised that the stainless-steel vats we ordered might not actually be the correct size to fit in the chai. À bientôt.
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Le début de la restructuration des vignes commencé, il était temps de débuter les travaux dans le chai. Mon projet, insensé, était de vinifier mon premier vin dans le chai dès la première récolte, qui s’annonçait en Septembre 2007. Vous avez vu, dans mon premier article, la photo du chai tel que je l’ai découvert la première fois; vous avez, certainement, été tout aussi impressionné que moi par l’état du lieu. Par où commencer ??? La tâche était considérable !!! Peut-être pas pour ceux qui ont l’habitude de faire des travaux pharaoniques tous les jours, mais pour moi, c’était un gros défi.
Début des travaux du chai – Octobre 2006
Il aurait été plus simple d’apporter le raisin à la coopérative du coin pendant 2 ou 3 ans, le temps de faire tous les travaux du chai tranquillement. Mais c’était hors de question. Je DEVAIS faire le vin au Domaine dès la première récolte.
Il a fallu casser tout ce qui ne pourrait pas être utilisé et remanier complètement l’intérieur du chai. Il y a plus de 40 ans, ce chai devait servir à vinifier plus d’un millier d’hectolitres, au vu de la taille de certaines des cuves en béton qui le composaient. Ce n’est pas avec les 12 hectares de vignes que nous aurions lorsque le vignoble serait entièrement restructuré que l’on allait pouvoir remplir toutes ces énormes cuves.
Cuve béton de 360 hl tronçonnée devant et au dessus
Il nous fallait donc ouvrir toutes les cuves béton trop grosses et y créer des espaces où l’on pourrait installer des cuves inox thermo-régulées. Je peux vous dire une chose; les anciens construisaient en béton ultra solide. Les parois très épaisses des cuves étaient bardées de grosses ferrailles dans tous les sens. Ils n’avaient pas lésiné sur la quantité et la grosseur des tiges métal pour renforcer leur béton…
Plusieurs cuves béton du niveau supérieur on été enlevées
On a dû utiliser toutes sortes de matériels pour casser les parois que l’on devait éliminer; marteau piqueur, disqueuse, tronçonneuse à chaîne diamantée. Et oui, c’est du luxe, mais il n’y avait que ce type de chaîne qui arrivait à découper l’épaisseur de béton. Au bout d’un moment j’ai arrêté de compter le nombre de chaînes qu’il nous a fallu utiliser. Ça commençait à coûter une fortune cette histoire de chaînes diamant, il fallait trouver d’autres solutions, ce n’était pas une joaillerie de luxe que l’on était en train de reconstruire mais une cave de vinification. On a même fini par utiliser une lance thermique à béton pour en venir à bout.
On a conservé une cuve en haut pour en faire un petit bureau – le vernissage rouge d’origine du plafond de la cuve à été conservé
Il a également fallu créer un vrai escalier afin que l’on puisse se déplacer facilement entre les deux niveaux du chai. Le bâtiment ayant été conçu à l’époque, il y a une centaine d’années je pense, pour qu’il soit semi-enterré. C’est à dire que l’on accède de plein pied à la partie haute d’un côté du chai, la partie basse étant contre la colline. La partie basse se trouvant de plein pied également mais de l’autre côté du bâtiment. Cette méthode de construction permettait de bénéficier de l’isolation de la terre et permettait une régulation naturelle de la température toute l’année à l’intérieur du chai.
Dessin du chai, sur deux niveaux
Un escalier était ultra nécessaire, le seul moyen d’accéder entre les deux niveaux étant une mince échelle en bois. Autant vous dire que, après avoir plusieurs fois risqué de manquer des barreaux de l’échelle, je n’avais qu’une hâte c’est que l’escalier soit terminé.
Mon second fils, Marc, entrain d’ouvrir la trémie de l’escalier au marteau piqueur
Il nous a fallu de nombreux mois de travaux pour donner au chai l’aspect qu’il a aujourd’hui. Je ne vais pas tout vous raconter en détail car ça serait trop long et pas forcément ultra passionnant, mais je peux vous dire que l’on en a vu de toutes les couleurs et qu’aucune difficulté ou presque, ne nous aura été épargnée.
Mon chien Blue était lui aussi très actif pendant les travaux. Enfin, il préférait, de loin, superviser toute cette agitation en étant bien calé dans le godet du Tracto.
La semaine prochaine, je vous raconterai l’angoisse que nous avons eu en voyant que les cuves inox que nous avions commandées n’allaient, peut-être pas, rentrer dans le chai…
Spring water fountain – Mas de Beauvoisin-Fontfresque
I had to find a new identity for the vineyard. Its original name came from the locality it is seated on but I found it rather austere to say the least, very martial… ‘Domaine de Camp-Redon‘… as it turns out, many Roman camps were located in the area and we were in the middle of one, precisely. I usually like History but the name was just too ugly, I had to change it.
Hence the start of a family-wide quest, looking for a suitable name. Yann, my eldest son, came up with the start of an idea, « Les Vallons » (« hills »). The domain is located on the foothills of Sainte-Baume mountain and is, incidentally, hilly.
« Les Vallons » wasn’t bad, but a bit short so something else would have to be added after that. That’s when I though about borrowing part of the old family property‘s name, which was called, since its inception (1532, a while ago!!!, a local heritage house in the Pourrières Valley); Mas de Beauvoisin. This house has, on its right side, a big pool (bassin) collecting water from a natural spring located somewhere on the Sainte Victoire mountain nearby. We used to drink straight from the fountain attached to that pool when we were younger.
Spring water pool – Mas de Beauvoisin
The water is pure and fresh so my parents decided to attach the word Fontfresque to the original name. In old Provence vernacular, it means; cold fountain.
As years passed by, the Mas de Beauvoisin-Fontfresque name disappeared to become, once again, Mas de Beauvoisin. It was shorter… easier… Fontfresque being a rather difficult name to spell.
I was rather nostalgic about this specific word which was the perfect embodiment of this house and its fresh water fountain.
So I decided to repossess the name. Especially since a perched water table (no more than 20 meters under our feet) is located on vineyard grounds, while our neighbours had to dig about 150 meters to reach their natural water. Our very own water is pure and fresh. The Fontfresque name was, thus, perfectly suitable.
Yann and I in the early days – Thinking about a new name
So… my son Yann and I re-christened the estate. It would be called:
Domaine Des Vallons de Fontfresque
You might argue that it’s still rather hard to spell! The name is indeed butchered by many and I must, most of the time, actually spell it letter by letter so it’s properly understood. But never mind, I love that name and I am taking responsibility for all pronunciation nightmares to come.
New name and logotype
Our name found, the biggest challenge was to come. Saving those poor dying vines.
Yann and I, with Blue and Una, in abandoned vines
Winter 2006 was the moment when the vineyard was restructured… more than 50% of the vines were plucked off.
Unfortunetly, 7 out of 12 acres of vines could not be saved. The remaing 5 acres were pruned very short, only leaving vine stumps. It was heart-wrenching to see my vines like this but it was the only way to save them.
I waited, fearfully, for months, until Spring came. I was keeping an eye on the arrival of the first green leaves after such a drastic pruning and… here they came, at long last!!!
Very first post-pruning leaves
Every pruned vine eventually came back to life; alive, kicking and as strong as a vine can be, like a big thank you for the unexpected rescue.
I was overcome with joy. I would spend hours between rows, looking at each little individual vine, gazing lovingly telling them… I am here… we will make great wine… together…
Then came the weather anguish; a late frost should not occur as it would completely destroy all previous efforts and make it necessary to repeat the whole process the following year. Recently restructured vines should not be exposed to diseases as they don’t have enough strength to defend themselves, the summer drought should not happen… it should not… it should not…
New vine seedling – Syrah variety
A lucky star was shining bright that year… nothing prevented the successful Rebirth of the Domain.
To be continued… next week. À bientôt.
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Fontaine d’eau de source – Mas de Beauvoisin-Fontfresque
Il a fallu trouver un nouveau nom au domaine. Son nom d’origine provenait du lieu-dit où il se trouve et je le trouvais très austère, très militaire…. Domaine de Camp-Redon… il s’avère que de nombreux camps romains étaient situés dans le secteur et que nous nous trouvions à l’endroit de l’un deux. Ce qui, historiquement, avait donné le nom à l’endroit. J’apprécie l’Histoire d’ordinaire, mais ce nom était vraiment trop moche, je devais en changer.
Débute alors une réflexion et une concertation familiale pour trouver un nom approprié qui puisse « coller » à l’endroit. Yann, mon fils aîné, a eu l’idée du début du nom : Les Vallons. Le domaine se situe sur les contreforts de la Sainte Baume et s’en trouve, de fait, un peu vallonné.
Les Vallons, c’était pas mal, mais un peu court, il fallait trouver de quoi compléter le nom. J’ai eu l’idée de reprendre une partie du nom de la propriété familiale, qui s’appelait, depuis son origine (1532 tout de même !!!, c’est une maison historique de la Vallée de Pourrières) ; Mas de Beauvoisin. Cette maison a, contre son flanc droit, un immense bassin collectant les eaux d’une source provenant de la Sainte Victoire. Nous buvions directement à la fontaine de ce bassin lorsque nous étions plus jeunes.
Bassin d’eau de source – Mas de Beauvoisin
C’est une eau pure et fraîche. Mes parents ont donc eu l’envie de rajouter au nom de Beauvoisin, le nom de Fontfresque. Ce qui signifie fontaine froide, en vieux provençal.
Au fil des années, le nom de Mas de Beauvoisin-Fontfresque a disparu, pour ne redevenir que Mas de Beauvoisin. C’était plus court… Plus pratique… Fontfresque étant un mot difficile à prononcer.
J’avais la nostalgie de ce mot qui représentait tellement cette maison et sa fontaine d’eau fraîche.
J’ai donc voulu me le réapproprier. D’autant que, sur le domaine, il y a une nappe phréatique perchée à seulement 20 mètres de profondeur alors que nos voisins ont des forages à -150 mètres. L’eau de notre nappe s’est avérée être très pure etfraîche. Le nom de Fontfresque n’allait donc pas être usurpé.
Yann et moi au début du domaine – Réflexion sur le nouveau nom
C’est donc de manière collégiale que mon fils Yann et moi avons re-baptisé le domaine. Il s’appellerait :
Domaine Des Vallons de Fontfresque
C’est toujours très dur à prononcer me direz vous !!!! Effectivement. Le nom est régulièrement écorché par beaucoup de monde et je dois, la plupart du temps l’épeler pour qu’il soit compris. Mais qu’à cela ne tienne, j’aime ce nom donc il faut maintenant assumer la difficulté de sa prononciation…
Nouveau nom et création du logo
Le nom trouvé, le plus gros restait à faire. Il fallait sauver ce que l’on pouvait des pauvres vignes agonisantes.
Yann et moi devant les vignes à l’abandon
L’hiver 2006, la restructurationdu vignoble à commencé… il a fallu arracher plus de la moitié des vignes.
7 des 12 hectares de vignes n’ont malheureusement pu être sauvés. Les 5 hectares restant ont été taillés très courts, il ne restait presque qu’un moignon de cep après la coupe. J’avais mal au cœur de voir les pieds de vignes dans cet état, mais il n’y avait pas d’autre solution si on voulait espérer les sauver.
J’ai attendu le printemps suivant avec angoisse. Guettant l’apparition des premières feuilles vertes après une taille aussi sévère et … elles sont, enfin, arrivées !!!!
Premières feuilles après la première taille
Tous les pieds taillés sont repartis. Comme un remerciement de les avoir sauvés.
J’étais tellement heureuse. Je passais des heures à marcher dans les rangs de vignes, à regarder chaque pied, à les couver du regard pour leur dire… je suis là… on va faire du bon vin… ensemble…
Il y a eu l’angoisse du climat, il ne fallait pas qu’il y ait de gel tardif sinon tous les efforts allaient être anéantis et il faudrait tout recommencer l’année suivante. Il ne fallait pas qu’il y ait de maladie car la vigne fraîchement restructurée n’aurait pas eu assez de force pour se défendre, il ne fallait pas qu’il y ait trop de sécheresse pendant l’été … il ne fallait pas… il ne fallait pas….
Jeune pousse de nouvelle vigne plantée – Plant de Syrah
J’ai eu une bonne étoile… rien, pendant cette première année… n’est venu perturber la Renaissance du Domaine.
My husband was, clearly, not impressed by the charm and potential of the place.
I could hear myself replying :
« Yes, we will buy this, and quickly too. Everything needs to be done, yes, but the place is magnificent with an enormous potential. Don’t you worry, I’m taking care of everything. »
Voilà… it was said!!!
Now, I had no choice but to undertake the whole thing.
My husband understood that, on this one, I needed to go it alone.
I threw myself into this adventure as if my life depended on it. A vital need, really. I certainly needed, at that point in my life, to get through a project of that scale.
I wasn’t crippled by any kind of fear. In retrospect, I probably should have been, for I never realised how hard it was going to be.
Satellite view
I had to convince a banker, thus securing the required funds. The project was massive, and I needed solid arguments before presenting this projet so the bank would lend me those funds, as if it was a self-evident thing to do, even for a project as crazy as this one. Must have been the way I described the whole idea or my enthusiasm that did the trick because said banker was convinced… on the spot. Hurray!!
Then, I had to find the right people to assist me in all those key steps; restructuring the vineyard, saving as many vines as possible, restoring the winemaking facility (the ‘chai de vinification’), building a warehouse, creating storehouses for barrels and bottles, designing and erecting a tasting room, renovating the dwelling house, restoring the old building, etc… All of this could only happen with time, little by little, managing urgent tasks as they came along and delaying some goals close to my heart but which needed to be postponed for lack of funds.
With Yann, in an abandoned plot of vines
For starters, I needed to secure the assistance of a very good oenology lab, perfectly skilled in winemaking techniques – or vinification – but also experts in wine growing. My love for vines not being enough to be knowledgable on the subject. The latest studies I engaged into when I went back to school a few years before – of my own volition, purely for enjoyment purposes – were focused on Art.
Making wine is an artform… maybe I had all my chances in the world to succeed in making a wine in which I could express my artist’s sensitivity. Not so simple!
I must admit that, before the Domain adventure, I wasn’t the biggest wine lover. I did not drink that much, just a glass from time to time to enhance a good meal. My life wasn’t turned upside-down by a love for wine but – as I told you already – by my love for vines.
With Les Vallons vines
I needed to learn everything with regards to wine…
In hindsight, I must say that a good deal of recklessness was required to embark on an adventure of that calibre…
I had to battle against loved ones constantly telling me it was a crazy idea to get myself into something like this… that it is very hard work… especially for a woman inside a male-centric industry. Even though the number of female-owned vineyards is growing, the wine circles have always predominantly been comprised of men.
Especially tough as I had no precedence in the profession, so… no credibility… I needed to fight twice as hard to prove my choice to be the right one.
I never had any doubts… not for a second… I was going to make it… sure thing!!!!
My children were very supportive; they had their own lives in different places, but were proud to see their mother’s work and resolve and it galvanized me even more. Their input and outlook really mean the world to me and it would have been a very difficult situation to live throught if they had not given me their full, unconditional and enthusiastic support on this project.
With my children, Marc, Yann and Sophie – 2005
They would follow, from afar or a bit closer – depending on where their lives lead them – all the steps I was telling them about in great detail, and they actually came to the vineyard as much as they could to see every new achievement.
I’m convinced that, in a corner of their mind, they must have been telling themselves that their mother was a bit…how shall I put this… unreasonable… or even maybe… completely insane, to embark on an adventure like this one…
I was also unconditionally supported by my dog Blue, who was following me everywhere; my wonderful companion I loved so much…
Blue and I – 2006
To be continued… next week. À bientôt.
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Mon mari n’avait, visiblement, pas du tout été saisi par le charme et le potentiel du lieu.
Je me suis entendue lui répondre :
« Si, on va l’acheter. Tout de suite même. Il y a tout à faire mais l’endroit est magnifique et le potentiel est énorme. Ne t’inquiètes pas, je m’occupe de tout. »
Voilà, c’était dit !!!…
Il me fallait assumer maintenant.
Mon mari a compris que j’avais besoin de m’engager, seule, dans cette entreprise.
Je m’y suis lancée à corps perdu. Comme un besoin vital. J’avais certainement besoin, à ce moment là de ma vie, d’accomplir un projet de cette ampleur.
Je n’ai ressentie aucune peur. J’aurais certainement dû. Je ne savais pas, à ce moment là, à quel point cela allait être difficile.
Vue satellite
J’ai dû persuader un banquier pour trouver le financement. Le projet était de taille, il fallait trouver des arguments solides pour lui donner envie de m’accorder la possibilité de réaliser cette folie. Mon enthousiasme et la manière dont je lui ai décrit ce que je voulais faire de cet endroit l’ont convaincu. Ouf !!!
Je devais, ensuite, trouver les bonnes personnes pour m’aider dans toutes les différentes étapes ; restructurer le vignoble, sauver ce qui pouvait encore l’être, commencer les travaux de restauration du chai, construire un hangar, construire des salles de stockage pour les fûts et les bouteilles, construire un caveau de dégustation/vente, rénover la maison d’habitation, restaurer la vieille bâtisse, etc… Tout cela ne pourrait se faire que dans le temps, petit à petit, en gérant les urgences et en différant certains objectifs, qui me tenaient à cœur, mais que j’ai dû repousser par manque de moyens.
Avec Yann, dans une parcelle abandonnée
En premier lieu, je devais m’adjoindre les compétences d’un très bon cabinet d’œnologie, compétent non seulement dans l’élaboration du vin – ou vinification – mais aussi dans la culture de la vigne. Mon amour de la vigne ne suffisant pas pour en avoir la connaissance. Les dernières études que j’avais faites lorsque j’avais repris, par plaisir, les chemins d’une école il y a quelques années, concernaient l’Art. Pas l’œnologie ni l’étude de la culture de la vigne.
Faire du vin est un Art… j’avais, peut-être, toutes mes chances de réussir à faire un vin dans lequel je pourrais exprimer toute ma sensibilité d’artiste. Pas si simple !!!
Je vous l’avoue, avant le Domaine, je n’étais pas une grande amatrice de vin. Je buvais très peu, un verre de temps en temps pour accompagner un bon repas. Ce n’est donc pas mon amour du vin qui m’a fait changer de vie mais, comme je vous l’ai dit, mon amour de la vigne.
Dans les vignes des Vallons
J’avais tout à apprendre concernant le vin…
Avec le recul, j’avoue qu’il fallait une bonne dose d’inconscience pour me lancer dans une aventure pareille…
Il a fallu que je me batte contre mes proches qui me disaient que c’était une folie de me lancer dans un tel projet… que c’était un métier trop difficile… surtout pour une femme car, malgré le fait qu’il y ait plus de femmes propriétaires de domaines viticoles qu’auparavant, ce monde agricole et viticole est, majoritairement, un monde d’hommes.
D’autant que je n’avais aucune antériorité dans ce métier, donc aucune crédibilité. Il fallait que je me batte deux fois plus pour montrer que je ne m’étais pas trompée…
Je n’ai jamais eu de doutes… j’allais y arriver… c’est sûr !!!!
J’avais le soutien de mes enfants, qui avaient chacun leur vie ailleurs, mais qui étaient fiers de voir le travail et la détermination de leur mère et cela me galvanisait encore plus. Leur avis et leur regard comptent infiniment pour moi et j’aurais très mal vécue la situation s’ils n’avaient pas, totalement et inconditionnellement, été enthousiasmés par mon projet.
Avec mes enfants, Marc, Yann et Sophie – 2005
Ils allaient suivre, de plus ou moins loin, selon les pays où ils se trouvaient à différents moments, toutes les étapes que je leur racontais en détail et venaient régulièrement sur place pour voir toutes les nouvelles réalisations.
Je suis certaine que, dans un coin de leur cerveau, ils devaient se dire que leur mère était un peu… comment dire… déraisonnable… voir peut-être même, complètement dingue, de s’être lancé dans une aventure pareille….
J’avais également le soutien, inconditionnel, de mon chien Blue, qui me suivait partout, mon merveilleux compagnon que j’aimais tant…
Blue et moi – 2006
La suite, la semaine prochaine. A bientôt.
N’hésitez-pas à laisser vos commentaires ci-dessous.
I will tell you a story, not any kind of story though… a tale of love and passion for grapevines and the nectar made from them… Wine.
This story… which I really want to share with you today, will transport you to the beginnings and bring you along with me on the current journey.
It all started 12 years ago… was entirely by chance… or maybe not, who knows, it must have been written somewhere, maybe destiny?
My great-grandfather and great-great-grandfather were, respectively, grape grower and vintner. Yes, I can hear you say “Wow, this goes back a long way”.
Branded paperwork dating back from the time Auguste and Fortuné Pelissier were in business
It does go back indeed! But my father and grandfather never directly did anything with grapevines, even though they were abundant on family-owned grounds; I can only compare myself to those distant ancestors then.
Fortuné Pélissier in his chai in La Crau
A tiny bit of winemaker gene of some sorts must have been transmitted and skipped a few generations before it landed into my little self.
So… in short, the story goes like this.
On a day of March 2006, I was scouting around for houses in the area, to help a family member who was looking for a place to live in Provence. I have to say that I love everything related, in some way or another, to houses, architecture, renovation of old buildings, creation of living spaces, etc… By the way, if I have had time to do that in my life – but I was already busy with a million different things – I would have ended up in a real-estate related job; I love it that much.
But, that’s the the purpose of this blog, I digress… it’s highly probable, by the way, that I may often digress while narrating this adventure.
So, in March 2006, I stumble upon an ad which was describing a property composed of 40 acres of oak trees and 12 acres of vines in a little corner of the Var region, which I know all too well as the family house I’ve spent my childhood in, was only a few kilometres away from the place in that ad.
Childhood house, Mas de Beauvoisin-Fontfresque, Pourrières
To be even more specific, located between Sainte-Baume and Sainte-Victoire… two mountains small in size but majestic and reputed. One of which, Sainte-Victoire, was Paul Cézanne’s favorite art model. I do really understand why. I love this mountain; its elegance, with varying colour shades, pink when the sun sets, and on top of which a little cloud gets stuck when the following day weather is about to change.
Sainte-Victoire Mountain
Here you go, I just digressed. Anyway, I then book a meting with the agency who wrote the ad in order to visit the property being sold as-is… out of the blue… just curiosity really.
I make sure to inform my husband so he can also be present during that visit.
My initial intention wasn’t to purchase a vineyard, it seems lots of people dream about doing just that – as I’ve learnt afterwards – but it was not really a dream of mine… I was just intrigued by the place.
This day of march was decisive… even though everything appeared to be designed to make you run away from the place…
Chai, outside, March 2006
It was a bitter-cold day, fog was omnipresent, which is, altogether, quite rare in the area; everything was abandoned, there were rusted dumpsters, fallen trees, not a single leaf still attached; usual for a day of March but it made the whole location look as dismal as they come. The ‘chai’ (that place where the wine is actually made) did not see the light of wine in more than 40 years and its state was creepy at best. Old rabbit hutches were collecting dust inside; luckily without any rabbits in, poor little things…
Chai, inside, March 2006
Also on the property, two old houses, one of which had been left to rot without occupants for at least fifty years and needed to be entirely restored… The second one was entirely tasteless, without any real identity, the only positive point was that it was possible to live in it, mostly…
But the worst part… which is precisely what overturned my life in that moment… was the state of the grapevines… abandoned… without any care or love provided in the last 4 years.
Vines, outside, March 2006
That was it, the exact moment I knew what I had to do… I had to save those vines and rebuild this vineyard. I just COULD NOT let them die…
I’ve always loved vines. I loved to walk there and be surrounded by them when I was younger. I felt great there and loved the different shades of green observed on vine leaves, from delicate to dark depending on the varieties.
It might have been my artistic side which marvelled at this palette of colours, and I loved the smell coming from the soil between the vine rows, changing depending on what time of day it was, from the morning dew to the mid-day burning heat.
My favourite moment though, was the evening, at sunset, that point when temperature is ideal and crickets are starting to sing…
Sainte-Baume Mountain
To be continued… next week. À bientôt.
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Je vais vous raconter une histoire, une histoire d’amour et de passion pour la vigne et ce nectar qui en est issu… le Vin.
Mon histoire… que j’ai envie de partager avec vous; vous faire vivre l’aventure comme je l’ai vécue et continue de la vivre tous les jours.
Une histoire qui a débuté il y a 12 ans… totalement par hasard… ou peut-être pas, finalement, cela devait être écrit quelque part…
Mon arrière-grand-père et arrière-arrière-grand-père étaient, respectivement, vigneron et négociant en vin. Vous me direz, ça date tout ça !!!
Documents administratifs du temps de mes ancêtres Auguste et Fortuné Pelissier
Certes. Mais mon père et mon grand-père n’ayant pas exploité de vignes directement, bien qu’il y en ait sur la propriété familiale, je ne peux me référer ou me comparer qu’à mes ancêtres plus éloignés.
Fortuné Pélissier dans son chai à la Crau
Il a dû y avoir un petit morceau de gêne vigneron se baladant dans la famille et qui a décidé de sauter plusieurs générations afin d’atterrir dans ma petite personne.
Donc… bref… voici le début de l’histoire.
C’était en Mars 2006. J’effectuais des recherches immobilières dans la région pour rendre service à quelqu’un de ma famille. Il faut vous dire que j’adore l’immobilier et tout ce qui touche de près ou de loin aux maisons, à l’architecture, à la rénovation de bâtiments anciens, à la conception d’espaces, etc… D’ailleurs, si je n’avais pas fait un milliard d’autres choses dans ma vie, j’aurais fait un métier dans l’immobilier, tellement j’aime ça.
Mais ce n’était pas le propos initial, je m’égare … il est d’ailleurs fort probable, que je m’égare assez souvent au cours du récit de cette aventure.
En Mars 2006, donc, je tombe sur une annonce qui parle d’une propriété composée de 40 hectares de chênes et 12 hectares de vignes dans un petit coin du Var que je connais bien, la maison de famille, mentionnée plus haut et dans laquelle j’ai passée une partie de mon enfance, n’étant qu’à quelques kilomètres de là.
Maison de mon enfance, Mas de Beauvoisin-Fontfresque, Pourrières
Pour être plus précise, entre la Sainte-Baume et la Sainte-Victoire… deux montagnes petites par la taille mais majestueuses et réputées. L’une d’elle, la Sainte-Victoire, pour ne pas la nommer, était le modèle favori de Paul Cézanne. Je comprends vraiment pourquoi. J’aime cette montagne qui est d’une élégance folle, changeant de teinte sous les rayons du soleil, devenant rose au couchant, et au sommet de laquelle s’accroche un petit nuage lorsque le temps va changer le lendemain.
Montagne Sainte-Victoire
Ça y est, je me suis encore égarée. Bref, je prends donc rendez-vous avec l’agence pour visiter cette propriété à vendre… comme ça… juste pour voir…
Je préviens quand même mon mari afin qu’il soit présent pour la visite.
Mon intention initiale n’était pas de faire l’acquisition d’un domaine viticole, c’est le rêve de beaucoup apparemment – je l’ai su après – mais ce n’était pas le mien… j’étais juste curieuse de voir cet endroit.
Ce jour de Mars fut déterminant… Pourtant tout était fait pour fuir cet endroit…
Chai, extérieur, Mars 2006
Il faisait froid ce jour là, il y avait du brouillard, ce qui, somme toute, est très rare dans la région; tout était à l’abandon, il y avait des bennes rouillées, des arbres tombés, pas une feuille sur les arbres, normal pour un mois de mars mais cela rendait le lieu un peu lugubre. Il y avait un chai qui n’avait pas vu de vin depuis plus de 40 ans et qui était dans un état à faire peur. Il y avait même des vieux clapiers à lapins dedans, heureusement sans lapins, les pauvres…
Chai, intérieur, Mars 2006
Il y avait aussi deux vieilles maisons, dont une n’avait pas eu d’habitants depuis au moins une cinquantaine d’années et qui était entièrement à restaurer… La deuxième était sans goût ni saveur, elle avait juste le bon goût d’être « habitable », ou à peu près…
Mais le pire… et c’est ce qui a déclenché le bouleversement de ma vie… c’était l’état des vignes… à l’abandon … ni soignées ni nourries depuis 4 ans…
Vignes, Mars 2006
Et là, j’ai eu une certitude… je devais sauver ces vignes et faire revivre ce domaine… Je ne POUVAIS PAS le laisser mourir…
J’ai toujours aimé la vigne. J’adorais m’y promener quand j’étais plus jeune… Je m’y sentais bien et j’aimais le vert du plus délicat au plus soutenu selon les cépages, des feuilles de vignes.
Ça devait être mon côté artiste qui s’émerveillait devant cette palette de couleurs et j’adorais sentir l’odeur qui se dégageait de la terre entre les rangs de vignes, changeante selon les heures, de la rosée du matin à la chaleur brulante de la mi-journée.
Mais le moment que j’affectionnais le plus, c’était le soir, au coucher du soleil, quand il fait juste la température idéale et que les grillons commencent à chanter…
Massif de la Sainte-Baume
La suite, la semaine prochaine. A bientôt.
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