9 – Ça pousse !!!

Jusqu’à présent, dans ce blog, je vous racontais l’historique du Domaine et toutes les étapes importantes qui ont jalonné sa restructuration et sa restauration.

Certains paragraphes continueront de faire référence aux années antérieures, mais Il y aura, également et principalement, beaucoup d’articles qui parleront de ce qui se passent actuellement sur le Domaine. Vous pourrez ainsi suivre, en temps réel, ma vie au Domaine.

moi sur quad
Sortie du soir pour contrôler les vignes

Avec la chaleur qu’il y a en ce moment, 37 à 39 degrés l’après-midi, je ne sors dans les vignes que le matin ou le soir vers 20 h. Sinon je risque de fondre et de me transformer en flaque (j’exagère peut-être un peu). Les grappes poussent bien malgré certaines attaques de Mildiou dues aux conditions climatiques très favorables au développement de cette maladie; chaleur et pluie. J’espère que ce cycle va bientôt se terminer. Il vaut mieux une chaleur sèche pour la vigne.

Il a été implanté, comme tous les ans, des clôtures électriques autour de toutes les parcelles de vignes en prévision de la venue des sangliers. En effet, dès que les grappes commenceront à grossir et à devenir sucrées, elles deviendront les cibles de ces bestioles qui en raffolent. La quantité de raisin que ces bêtes là sont capables de manger, c’est effrayant. Surtout que je suis en BIO. Les sangliers sont, visiblement, des connaisseurs et soucieux de leur petite santé car ils préfèrent venir manger mon raisin qui n’est pas traité avec des produits chimiques.

Cloture électrique
Clôture électrique anti-sangliers, enfin, normalement !!

Les clôtures électriques ne sont pas efficaces à 100%, certains d’entre eux se débrouillent toujours pour arriver à passer par dessus la clôture. Sans abîmer la clôture en plus. Une fois, un matin tôt, j’ai vu un énorme sanglier qui était tranquillement entre 2 rangs de vignes alors que toute la clôture était en place. Je n’ai jamais réussi à en voir un en train de passer, mais ils passent… et ils mangent mon raisin.

Autant vous dire que je ne suis pas très copine avec ces bêtes là. Surtout lorsque, au moment des vendanges, il arrive sur la table de tri des grappes au ¾ mangées. Certains vendangeurs sont un peu, comment dire… taquins. Ils trouvent amusant de mettre dans les sceaux quelques grappes où il ne reste que la rafle et plus un seul grain de raisin… sans doute pour me montrer à quel point mon raisin est apprécié par la faune locale.

J’ai d’ailleurs pu constater que certains cépages ont plus de succès que d’autres auprès de ces goinfres à poils durs. Le Cinsault par exemple – dont les grains sont énormes – a leur préférence.

Depuis quelques jours, certains grains commencent à prendre leur teinte violette (on appelle cela le stade de la véraison) Lorsque la majorité du vignoble en sera à ce stade là, cela voudra dire que les vendanges pourront débuter 40 jours plus tard. C’est le temps qu’il faut aux grappes pour grossir et se gorger de sucre. Plus il fera chaud, plus le raisin sera sucré. Et plus le raisin est sucré, plus le taux d’alcool est élevé car le sucre se transforme en alcool au moment de la fermentation du raisin.

verais
Grappe au stade de la véraison

C’est pour cette raison que les vins issus d’endroits où il fait chaud, ont un degré d’alcool souvent supérieur à des régions plus au nord.

Le mois d’Août est une période plus calme pour les travaux dans les vignes. Tout a été fait avant. Le raisin n’a plus qu’à pousser tranquillement, en souhaitant que les gros orages de fin d’après-midi que l’on a en ce moment finissent par s’arrêter, sinon cela va finir par abîmer le raisin.

Je pense que la plupart d’entre vous doivent être en vacances en ce moment mais je vous donnerai de temps en temps des nouvelles, en attendant la période très très importante des vendanges, qui devraient avoir lieu vers le 20 Septembre.

A bientôt.

8 – Label Biologique

Bouteilles Rosés devant mosaique copie
Certification BIO, Millésime 2013

Tout mettre en œuvre pour faire du bon vin ne suffisait pas, j’avais pris la décision, depuis le début, de n’utiliser que des produits Bio pour la culture des vignes. Des prélèvements de sol ont été faits dans les premiers mois de l’achat du Domaine, ou, à proprement parler, de l’achat de ce qui était en état de délabrement avancé. Il fallait savoir si le dernier exploitant avait pollué les terres avec des traitements chimiques ou si le sol était redevenu suffisamment sain après être resté 4 ans sans aucune action, d’aucune sorte, sur les vignes.

Plantation nouvelle Syrah
Jeunes vignes cépage Syrah plantées en 2008

Par chance, plus aucune trace de produits n’était présente dans le sol. J’allais donc pouvoir utiliser directement des produits Biologiques pour soigner et nourrir les vieilles vignes comme les nouvelles plantations. Je n’avais pas encore eu le temps de me lancer dans le processus de demande de certification biologique. J’avoue qu’il y avait tellement à faire, entre la restructuration du vignoble et les travaux divers, que la perspective de devoir prendre du temps pour monter tout un dossier de certification ne me réjouissait guère.

Etiquette avec le AB
Enfin on peut mettre les logos AB sur les étiquettes

Je savais que je n’utilisais déjà que des produits BIO. Je notais sur les étiquettes arrière de mes bouteilles que les vins étaient issus d’une agriculture sans produits chimiques, je pensais que cela devrait suffire quelques temps. Mais, en 2009, sous la pression de certains de mes clients qui m’ont encouragé et convaincue de la nécessité d’avoir le Label Certifié Biologique, j’ai entamé les démarches. Cela me permettrait de pouvoir mettre les fameux logos AB sur tous mes supports commerciaux et sur les étiquettes des bouteilles.

Il m’a fallu attendre trois ans, à partir de 2010, pendant lesquels il y a une phase dite de  « Reconversion BIO », rendue obligatoire par les organismes de certification afin que les terres des exploitations qui utilisent des produits chimiques aient le temps d’éliminer les résidus de pesticides et autres produits. Trois années pour obtenir, enfin, le fameux Label « Certifié BIOLOGIQUE« . Je peux vous dire que lorsque j’ai reçu mon Certificat validant que mes vins étaient BIO, j’étais super heureuse. Je trouvais le Logo Bio magnifique, avec sa couleur verte merveilleuse, le graphisme du AB sublime. Enfin bref, j’en fais peut-être un peu trop, mais je pense que vous l’aurez compris … j’étais très très contente !!!

A partir de ce moment là, j’ai pu faire des salons de vins BIO et vendre mes vins dans des magasins BIO.

Bil Sophie Just Rosé 2014
Sophie et Yann sur le salon Just’Rosé de Sanary-sur-Mer l’année de la certification BIO

J’ai aussi présenté mes vins à des Concours. Enfin, ceux que je pouvais présenter car la plupart des concours demandent les échantillons de vin au mois de décembre ou janvier. Etant donné que je ne bouscule pas mes vins en cours de vinification juste pour qu’ils soient prêts à temps pour être présentés aux concours, je ne pouvais participer qu’aux concours qui étaient plus tardifs car mes vins étaient mis en bouteilles à partir du mois de mars. Pas au mois de décembre !!! Il faudra un jour que quelqu’un m’explique comment il est possible que des vins aient complètement terminés leur cycle de vinification au mois de décembre alors que la récolte à eu lieu en septembre. En tout cas, moi, je laisse mes vins se vinifier tranquillement, c’est pour cette raison que je ne les présente pas à tous les concours.

Ce qui ne m’empêche pas de récolter des médailles à chaque fois que je présente mes vins.

Bouteilles avec médailles
Le Blanc, le Rosé et le Rouge ont tous des médailles d’OR ou d’ARGENT

Pour ça aussi je suis fière !!! On a beau dire mais lorsque le courrier arrive et que l’on reçoit la confirmation que votre vin à obtenu une médaille, et une belle de surcroît, une en OR ou en ARGENT, on est pas peu fière. (Je vous avoue que je préfère quand c’est une médaille d’OR, certains pourraient dire que les femmes aiment ce qui brille, mais ce serait des mauvais esprits, bien sûr).

A bientôt pour le prochain article !!!

7 – Commercialisation

La première vendange et la première mise en bouteilles faites, se posait un petit problème !!! Quand je dis ‘petit’ c’est pour vous rassurer. Pas si petit que ça le problème. C’est même LE problème principal. C’est bien beau d’essayer de faire le meilleur vin possible mais… après… il faut le vendre !!!

Je n’avais pas l’intention de boire l’intégralité de la production à moi toute seule.

Je ne pouvais pas encore faire venir des clients au Domaine car il y avait encore pas mal de travaux à faire et je ne voulais pas qu’ils voient le lieu tant que cela n’était pas terminé. Je savais, moi, ce que ça allait devenir. Tout était dans ma tête. Mais je ne pouvais pas espérer que d’autres personnes imaginent à quoi le Domaine allait ressembler une fois que j’aurais fait tous les travaux et embellissements que je prévoyais.

Je suis allée à la rencontre des restaurateurs et des cavistes pour leur faire déguster mes vins. J’ai fait de la pub dans différentes revues, ça m’a coûté les yeux de la tête d’ailleurs ces publicités mais aussi et surtout, j’ai fait des salons pour faire connaître mes vins. J’en ai fait énormément les premiers temps, dans toute la France et surtout le plus gros salon des vins qui est à Paris.

Avec ma fille Sophie, au ‘Salon des Vignerons Indépendants’ – Paris

Au fil du temps, j’ai eu la satisfaction de voir les clients devenir fidèles. Certains ne venaient sur le salon que pour retrouver mes vins et, dans ces moments là, je suis toujours envahie de joie et de fierté et je leur suis très reconnaissante de leur fidélité…

J’ai eu la chance que mes vins soient sélectionnés par le Guide Hachette des Vins dès la première vraie récolte, en 2008. Tout bien réfléchi, en toute modestie bien sûr, (c’est de l’humour vous l’aurez compris), la chance n’avait certainement rien à voir là-dedans. Le vin a été choisi car il avait été estimé très bon par le jury, très exigeant, du Guide Hachette. Certains domaines attendent des années avant de voir leurs vins sélectionnés. Les miens l’ont été dès le Millésime 2008, l’année de la vendange où j’avais pu faire l’acquisition des pressoirs utilisés pour le raisin des vins rosés et blancs. Je ne les avaient pas pour la première récolte car il n’avait été fait que du vin rouge. Etant donné la faible quantité de raisin, il était impossible, en 2007, de faire plusieurs couleurs…

Sélection Guide Hachette des Vins depuis 2008 et toutes les années suivantes

Je devais, impérativement, faire venir les clients au Domaine. J’ai donc imaginé et tracé les plans du futur caveau de dégustation-vente.

Construction du caveau de dégustation-vente avec ouverture d’un mur du chai pour accès direct à la cave de vinification

Les travaux ont débuté en hiver 2010, dans un froid sibérien. Le moment n’était certainement pas le plus adapté mais je voulais absolument avoir mon caveau terminé pour le printemps suivant.

Livraison des poutres en bois de châtaignier – Hiver 2010 – Sibérie Provençale

La charpente a été faite en bois de châtaignier, sur mesure, par un jeune charpentier du coin. Des poutres énormes pour faire une très belle charpente qui serait le point phare du caveau, ont été posées.

Intérieur du caveau de dégustation-vente, quasiment mais alors QUASIMENT prêt.

Je voulais faire de ce lieu un endroit convivial et accueillant afin que les visiteurs aient envie de s’y attarder. Suffisamment grand pour qu’il puisse contenir des tables et chaises de bistrot et surtout, un très grand comptoir en zinc. Il a été fabriqué sur place d’après mes croquis.

La base du comptoir en zinc, sans le zinc (mais il arrive).

Nous avions acheté du zinc en rouleau afin de recouvrir le dessus du comptoir mais il n’a pas été facile de lui faire prendre la forme désirée. Le métal avait en mémoire la forme qu’il avait dû conserver trop longtemps en étant enroulé. ll a bien failli gagner (le métal) à force de rebiquer. A tel point que je me suis demandé à un moment si, finalement, un dessus de comptoir en bois ne serait pas préférable (et surtout plus discipliné). Mais je ne voulais pas me laisser décourager par un morceau de métal et nous avons fini par trouver un certain nombre de subterfuges et surtout beaucoup de serre-joints pour le contenir dans la forme que nous désirions.

Il fait moins le malin le zinc, avec des serre-joints de cette taille !!

L’année suivante, une tonnelle à été contruite, dans la prolongation du caveau, afin d’accueillir des groupes de personnes qui pourraient, ainsi, confortablement installés au frais sous la tonnelle, déguster les vins devant les vignes.

Ah! Le petit vin blanc (des Vallons) Qu'on boit sous les tonnelles (ombragées avec vue sur les vignes).
Ah! Le petit vin blanc (des Vallons), qu’on boit sous les tonnelles (ombragées avec vue sur les vignes).

Quand je parlais de froid sibérien…

La Sibérie Provençale et son eau qui gèle à la verticale.

À la semaine prochaine pour la suite de l’aventure.

6 – Première mise en bouteille

Enfin… le jour de la première mise en bouteille est arrivé… !!!

Après un élevage en fût de chêne pendant un an, le vin rouge de la première récolte était prêt à être mis en bouteille. Il a fallu, avant cette date « Historique » (je suis toujours très « modeste », vous l’aurez remarqué, dans les termes que j’utilise pour mes récits), trouver un nom à cette première cuvée. Il est moins facile qu’on pourrait l’imaginer de donner un nom à un vin. Il doit être le reflet du domaine, du vigneron, d’un lieu ou de toutes autres choses qui font que ce nom devient un symbole, porte un message.

Après avoir passé plusieurs nuits à y réfléchir et demandé l’avis de mes proches, le nom a été trouvé. Cette première cuvée s’appellerait … Cuvée Regain… pour symboliser le regain de vie de ces vignes qui ne méritaient pas d’être abandonnées. Ce nom n’allait être donné qu’à cette première Cuvée.

Logo VF doré fond noir copie
Création du Logo du Domaine qui sera sur toutes les étiquettes

Des étiquettes devaient être créées, qui puissent refléter, autant l’identité du Domaine que la mienne. Il fallait trouver un visuel et un design qui puisse traverser les années, à la fois élégant et moderne. J’ai donc ressorti ma table à dessin que j’avais utilisée lorsque j’avais repris des études d’Art quelques années plus tôt. Là aussi il m’a fallu plusieurs jours et parfois des nuits pour arriver à un dessin qui me satisfasse.

Le jour J, un spécialiste de la mise en bouteille est venu au domaine, avec son matériel. Je n’avais pas l’équipement nécessaire et cette étape délicate devait, impérativement, être effectuée par un professionnel.

3 - Sophie mise en bouteille.
Ma fille Sophie à la mise en bouteille

Mon cœur battait en accéléré. Tant que le vin n’était pas en bouteille, il pouvait y avoir un problème… une vanne de la machine qui casse et qui occasionne une perte de vin, un problème avec les bouteilles ou avec les bouchons ou avec… je ne sais quoi…

Le remplissage des bouteilles se faisait doucement pour ne pas traumatiser le vin, il y en avait tellement peu que je ne pouvais pas me permettre d’en perdre. Lorsque les bouteilles ont été serties avec les capsules et que les étiquettes furent collées, j’ai ressenti une vive émotion.

Bouteilles disposées dans la machine, remplissage en cours

Voilà, c’était lancé, ma première Cuvée était là, sous mes yeux. La première Cuvée depuis que le Domaine avait reprit vie.

2 - Cuvée Regain claire
Première bouteille Cuvée Regain

J’ai eu beaucoup de mal à vendre cette première cuvée. Non pas parce qu’elle n’était point réussie, bien au contraire, elle était même délicieuse, mais parce que j’avais du mal à m’en séparer.

J’ai dû, presque, me battre avec certains clients qui l’appréciaient tellement qu’ils voulaient tout me prendre. J’ai réussi, tout de même, à garder quelques bouteilles de la Cuvée Regain. J’en sors de temps en temps pour les grandes occasions.

L’année suivante, il a pu y avoir une récolte plus importante, nous allions aussi pouvoir faire du  vin rosé et un peu de vin blanc. Notre premier pressoir nous avait été livré par camion-grue et installé à côté de la partie haute du chai.

5 - Pressoir camion grue
Installation de notre premier pressoir

Nous étions prêts pour notre deuxième vendange. Il nous fallait plus de monde pour les vendanges cette fois-ci. Enfants, neveux, amis, voisins et d’autres personnes étaient là, toujours dans une super ambiance, pour notre deuxième récolte manuelle.

Raisin dans caissetteVendangeurs

Une fois le raisin apporté au niveau du chai, il était placé sur la table de tri. Nous étions 4 personnes à trier les grappes et je peux vous assurer, que rien, à part le raisin, ne risquait de se retrouver dans le pressoir. La moindre feuille, le moindre insecte, était enlevé car, même si certains peuvent appeler ça « l’effet terroir », je préférais que mon terroir s’exprime autrement.

À bientôt pour la suite de l’aventure.

5 – La première récolte

Pied de vieille vigne de Grenache que nous avons pu sauver
Pied de vieille vigne de Grenache que nous avons pu sauver

Fin septembre 2007. Le moment de la première vendange est enfin arrivé. J’étais tellement impatiente. Je trouvais que le raisin était magnifique, bien sûr et espérais que le premier vin soit à la hauteur de mes espoirs.

Avec les quelques cépages qui avaient survécu, il ne pouvait être fait que du Rouge la première année. De toute façon, je n’aurais pas pu faire autre chose, je n’avais pas encore de pressoirs, nécessaires pour les Rosés et les Blancs.

vendanges
A la recherche des grappes

Nous avons récolté en comité réduit, la famille et quelques amis et ce moment reste inoubliable pour certains et pour moi en particulier. La première récolte, pour faire le premier vin des Vallons de Fontfresque. Un grand moment !!! Nous avons arpenté les 5 hectares de vignes que nous avions pu sauver, armés de sécateurs et de seaux à vendanges. Chaque pied de vigne était inspecté avec soin pour être sûr de ne rater aucune grappe, il y en avait si peu, qu’il ne fallait pas en oublier.

Repos vendangeurs
Petit repos bien mérité

Cette première vendange à été l’occasion de bonnes parties de rire mais également de bons tours de reins. Le début du ramassage se faisant très tôt le matin afin que le raisin soit le le plus froid possible, les feuilles de vigne étaient couvertes de rosée matinale et l’on s’est très vite retrouvés complétement trempés à force de plonger les bras dans les ceps. Le soleil de milieu de matinée a rapidement remédié à ce petit problème et après avoir marché dans tous les rangs de vigne et porté des dizaines de seaux de raisin, nous avons vite séché.

caisses et seaux
Premier raisin

Nous n’avons eu de quoi remplir qu’une petite cuve avec le peu de raisin récolté mais, j’en étais certaine, cela allait être ma Cuvée « collector » ; elle allait, forcément, être fabuleuse !!!

raisin tombe dans cuve
Première vendange « artisanale » avant les gros travaux du chai
Sophie sous l'égrappoir
Ma fille Sophie, sous l’égrappoir

Après des acrobaties et séances de gym dans le chai pour passer de la partie haute à la partie basse par la petite échelle en bois car l’escalier n’était pas encore prêt, nous avons réussi une belle vinification avec un élevage en fût de chêne.

Cela aussi a été un grand moment, l’acquisition de nos premiers tonneaux. Nous sommes allés les acheter dans un grand domaine dans lequel ils avaient déjà servis pour faire leur vin. Cela nous permettait d’atténuer la puissance du bois de tonneaux neufs et de profiter d’arômes subtils imprégnés dans le chêne par les vins précédents. Astuce d’œnologue….

je goute le 1er jus
Je goûte le premier jus.

Pour la récolte suivante, en septembre 2008, les travaux du chai étant presque terminés, il nous fallait des grosses cuves en inox car nous allions commencer à faire du vin Blanc et du vin Rosé aussi.

Nous les attendions avec impatience ces fameuses cuves inox, nous en avions impérativement besoin. Une semaine avant les vendanges, les cuves n’étaient toujours pas arrivées. On nous promettait tous les jours une livraison imminente. Deux jours avant le début des vendanges, toujours pas de cuves. Le fournisseur nous appelle, paniqué, nous l’étions beaucoup plus que lui et pour cause, notre récolte était en jeu. Son camion sur lequel étaient chargées nos cuves, avait été volé pendant la nuit !!! Je dois avouer que je n’ai pensé qu’à mes cuves et pas à son camion. Par chance, pour moi, il y a toujours une bonne étoile, les voleurs du camion ont eu l’excellente idée de décharger les cuves avec la grue du camion afin qu’elles ne les encombrent pas et puissent rouler plus vite avec leur larcin. Le fournisseur s’est fait prêter un autre camion pour assurer la livraison de nos cuves tant attendues.

Cuve dans travée
Les cuves qui ont failli ne pas rentrer dans le chai

Aïe, l’angoisse !!! Les cuves ont l’air d’être plus grosses que la grande porte du chai. Comment une chose pareille pouvait être possible. Les cotes avaient pourtant été prises. Il n’y avait pas le choix, il fallait absolument qu’elles rentrent.  Deux centimètres … c’est tout ce qu’il y avait d’espace entre les côtés de la porte et la cuve. Elle n’avait pas intérêt à se mettre un peu de travers sinon elle n’allait pas rentrer c’est sûr. Après plusieurs heures, à avancer centimètre par centimètre dans la travée centrale du chai, les deux cuves ont pu être logées dans l’espace qui leur était destiné. On avait pris des gros risques, au millimètre elles sont rentrées. Elles devraient y rester un bon moment car il était hors de question qu’on ait envie de les changer de place.

2 cuves
Les 2 cuves sont rentrées au millimètre près dans leur espace

A la semaine prochaine pour la suite.

Journée Nouveau Millésime – 1er Juillet 2018

PHOT AVEC FIVE 107
Le groupe génial The FIVE BLUESMEN a mis une ambiance de folie

Je vous avais annoncé une petite pause dans l’historique du domaine pour cause d’évènement important le dimanche 1er Juillet.

Les photos qui illustrent cette très belle journée ont été réalisées par Alexis Rostan Photographie.

Comme tous les ans, pour présenter le nouveau millésime de mes vins à ma clientèle, j’organise une réception au Domaine. Cette année, 150 personnes ont répondu présent et ont pu passer un très bon moment sous les tonnelles devant les vignes en dégustant les excellentes créations culinaires de mes amis Marie-Pierre et Alexandre GALL (Agitateur de papilles LOCODICI).

Marie pierre et moi
Avec mon amie Marie-Pierre GALL, Chef, créatrice de mets délicieux
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Bienvenue au Domaine

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Phot 6
Le vin Rosé est au frais, prêt à être dégusté !!!

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Buffet dans le Caveau de dégustation
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Repas avec vue sur les vignes
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Musique, bon repas, vins merveilleux (bien sûr), très bon moment pour tout le monde
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Je suis ravie de faire passer un bon moment à mes invités
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Tous nos vins ont été dégustés
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Tapenade délicieuse
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Concert de Blues, avec l’excellent groupe Les FIVE BLUESMEN

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Phot 17
Exemple de petites choses délicieuses
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Ambiance et danse !!!

Devant le succès de cette journée, il est bien possible que je fasse plus souvent des Repas-Concert-Dégustation des vins au Domaine…

A dimanche 8 juillet pour reprendre le cours de l’historique du domaine !!!

Claire

4 – Le chai

Chai et caveau de dégustation après travaux

Le début de la restructuration des vignes commencé, il était temps de débuter les travaux dans le chai. Mon projet, insensé, était de vinifier mon premier vin dans le chai dès la première récolte, qui s’annonçait en Septembre 2007. Vous avez vu, dans mon premier article, la photo du chai tel que je l’ai découvert la première fois; vous avez, certainement, été tout aussi impressionné que moi par l’état du lieu. Par où commencer ???  La tâche était considérable !!! Peut-être pas pour ceux qui ont l’habitude de faire des travaux pharaoniques tous les jours, mais pour moi, c’était un gros défi.

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Début des travaux du chai – Octobre 2006

Il aurait été plus simple d’apporter le raisin à la coopérative du coin pendant 2 ou 3 ans, le temps de faire tous les travaux du chai tranquillement. Mais c’était hors de question. Je DEVAIS faire le vin au Domaine dès la première récolte.

Il a fallu casser tout ce qui ne pourrait pas être utilisé et remanier complètement l’intérieur du chai. Il y a plus de 40 ans, ce chai devait servir à vinifier plus d’un millier d’hectolitres, au vu de la taille de certaines des cuves en béton qui le composaient. Ce n’est pas avec les 12 hectares de vignes que nous aurions lorsque le vignoble serait entièrement restructuré que l’on allait pouvoir remplir toutes ces énormes cuves.

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Cuve béton de 360 hl tronçonnée devant et au dessus

Il nous fallait donc ouvrir toutes les cuves béton trop grosses et y créer des espaces où l’on pourrait installer des cuves inox thermo-régulées. Je peux vous dire une chose; les anciens construisaient en béton ultra solide. Les parois très épaisses des cuves étaient bardées de grosses ferrailles dans tous les sens. Ils n’avaient pas lésiné sur la quantité et la grosseur des tiges métal pour renforcer leur béton…

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Plusieurs cuves béton du niveau supérieur on été enlevées

On a dû utiliser toutes sortes de matériels pour casser les parois que l’on devait éliminer; marteau piqueur, disqueuse, tronçonneuse à chaîne diamantée. Et oui, c’est du luxe, mais il n’y avait que ce type de chaîne qui arrivait à découper l’épaisseur de béton. Au bout d’un moment j’ai arrêté de compter le nombre de chaînes qu’il nous a fallu utiliser. Ça commençait à coûter une fortune cette histoire de chaînes diamant, il fallait trouver d’autres solutions, ce n’était pas une joaillerie de luxe que l’on était en train de reconstruire mais une cave de vinification. On a même fini par utiliser une lance thermique à béton pour en venir à bout.

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On a conservé une cuve en haut pour en faire un petit bureau – le vernissage rouge d’origine du plafond de la cuve à été conservé

Il a également fallu créer un vrai escalier afin que l’on puisse se déplacer facilement entre les deux niveaux du chai. Le bâtiment ayant été conçu à l’époque, il y a une centaine d’années je pense, pour qu’il soit semi-enterré. C’est à dire que l’on accède de plein pied à la partie haute d’un côté du chai, la partie basse étant contre la colline. La partie basse se trouvant de plein pied également mais de l’autre côté du bâtiment. Cette méthode de construction permettait de bénéficier de l’isolation de la terre et permettait une régulation naturelle de la température toute l’année à l’intérieur du chai.

Dessin du chai, sur deux niveaux

Un escalier était ultra nécessaire, le seul moyen d’accéder entre les deux niveaux étant une mince échelle en bois. Autant vous dire que, après avoir plusieurs fois risqué de manquer des barreaux de l’échelle, je n’avais qu’une hâte c’est que l’escalier soit terminé.

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Mon second fils, Marc, entrain d’ouvrir la trémie de l’escalier au marteau piqueur

Il nous a fallu de nombreux mois de travaux pour donner au chai l’aspect qu’il a aujourd’hui. Je ne vais pas tout vous raconter en détail car ça serait trop long et pas forcément ultra passionnant, mais je peux vous dire que l’on en a vu de toutes les couleurs et qu’aucune difficulté ou presque, ne nous aura été épargnée.

Mon chien Blue était lui aussi très actif pendant les travaux. Enfin, il préférait, de loin, superviser toute cette agitation en étant bien calé dans le godet du Tracto.

Blue dans godet tracto copie

La semaine prochaine, je vous raconterai l’angoisse que nous avons eu en voyant que les cuves inox que nous avions commandées n’allaient, peut-être pas, rentrer dans le chai…

3 – Restructuration

Fontaine d’eau de source – Mas de Beauvoisin-Fontfresque

Il a fallu trouver un nouveau nom au domaine. Son nom d’origine provenait du lieu-dit où il se trouve et je le trouvais très austère, très militaire…. Domaine de Camp-Redon… il s’avère que de nombreux camps romains étaient situés dans le secteur et que nous nous trouvions à l’endroit de l’un deux. Ce qui, historiquement, avait donné le nom à l’endroit. J’apprécie l’Histoire d’ordinaire, mais ce nom était vraiment trop moche, je devais en changer.

Débute alors une réflexion et une concertation familiale pour trouver un nom approprié qui puisse « coller » à l’endroit. Yann, mon fils aîné, a eu l’idée du début du nom : Les Vallons. Le domaine se situe sur les contreforts de la Sainte Baume et s’en trouve, de fait, un peu vallonné.

Les Vallons, c’était pas mal, mais un peu court, il fallait trouver de quoi compléter le nom. J’ai eu l’idée de reprendre une partie du nom de la propriété familiale, qui s’appelait, depuis son origine (1532 tout de même !!!, c’est une maison historique de la Vallée de Pourrières) ; Mas de Beauvoisin. Cette maison a, contre son flanc droit, un immense bassin collectant les eaux d’une source provenant de la Sainte Victoire. Nous buvions directement à la fontaine de ce bassin lorsque nous étions plus jeunes.

Bassin d'eau de source - Mas de Beauvoisin
Bassin d’eau de source – Mas de Beauvoisin

C’est une eau pure et fraîche. Mes parents ont donc eu l’envie de rajouter au nom de Beauvoisin, le nom de Fontfresque. Ce qui signifie fontaine froide, en vieux provençal.

Au fil des années, le nom de Mas de Beauvoisin-Fontfresque a disparu, pour ne redevenir que Mas de Beauvoisin. C’était plus court… Plus pratique… Fontfresque étant un mot difficile à prononcer.

J’avais la nostalgie de ce mot qui représentait tellement cette maison et sa fontaine d’eau fraîche.

J’ai donc voulu me le réapproprier. D’autant que, sur le domaine, il y a une nappe phréatique perchée à seulement 20 mètres de profondeur alors que nos voisins ont des forages à -150 mètres. L’eau de notre nappe s’est avérée être très pure et fraîche. Le nom de Fontfresque n’allait donc pas être usurpé.

Yann et moi au début du domaine – Réflexion sur le nouveau nom

C’est donc de manière collégiale que mon fils Yann et moi avons re-baptisé le domaine. Il s’appellerait :

Domaine Des Vallons de Fontfresque

C’est toujours très dur à prononcer me direz vous !!!! Effectivement. Le nom est régulièrement écorché par beaucoup de monde et je dois, la plupart du temps l’épeler pour qu’il soit compris. Mais qu’à cela ne tienne, j’aime ce nom donc il faut maintenant assumer la difficulté de sa prononciation…

Logo doré lvdf jpg
Nouveau nom et création du logo

Le nom trouvé, le plus gros restait à faire. Il fallait sauver ce que l’on pouvait des pauvres vignes agonisantes.

Yann et moi devant les vignes à l’abandon

L’hiver 2006, la restructuration du vignoble à commencé… il a fallu arracher plus de la moitié des vignes.

7 des 12 hectares de vignes n’ont malheureusement pu être sauvés. Les 5 hectares restant ont été taillés très courts, il ne restait presque qu’un moignon de cep après la coupe. J’avais mal au cœur de voir les pieds de vignes dans cet état, mais il n’y avait pas d’autre solution si on voulait espérer les sauver.

J’ai attendu le printemps suivant avec angoisse. Guettant l’apparition des premières feuilles vertes après une taille aussi sévère et … elles sont, enfin, arrivées !!!!

Jeune feuille de vigne
Premières feuilles après la première taille

Tous les pieds taillés sont repartis. Comme un remerciement de les avoir sauvés.

J’étais tellement heureuse. Je passais des heures à marcher dans les rangs de vignes, à regarder chaque pied, à les couver du regard pour leur dire… je suis là… on va faire du bon vin… ensemble…

Il y a eu l’angoisse du climat, il ne fallait pas qu’il y ait de gel tardif sinon tous les efforts allaient être anéantis et il faudrait tout recommencer l’année suivante. Il ne fallait pas qu’il y ait de maladie car la vigne fraîchement restructurée n’aurait pas eu assez de force pour se défendre, il ne fallait pas qu’il y ait trop de sécheresse pendant l’été … il ne fallait pas… il ne fallait pas….

Jeune pousse de nouvelle vigne plantée – Plant de Syrah

J’ai eu une bonne étoile… rien, pendant cette première année… n’est venu perturber la Renaissance du Domaine.

A la semaine prochaine pour la suite !!!!

2 – Tu es folle !!!!

« Tu es folle, on ne vas pas acheter ça !!!! »

Mon mari n’avait, visiblement, pas du tout été saisi par le charme et le potentiel du lieu.

Je me suis entendue lui répondre :

« Si, on va l’acheter. Tout de suite même. Il y a tout à faire mais l’endroit est magnifique et le potentiel est énorme. Ne t’inquiètes pas, je m’occupe de tout. »

Voilà, c’était dit !!!…

Il me fallait assumer maintenant.

Mon mari a compris que j’avais besoin de m’engager, seule, dans cette entreprise.

Je m’y suis lancée à corps perdu. Comme un besoin vital. J’avais certainement besoin, à ce moment là de ma vie, d’accomplir un projet de cette ampleur.

Je n’ai ressentie aucune peur. J’aurais certainement dû. Je ne savais pas, à ce moment là, à quel point cela allait être difficile.

Vue satellite
Vue satellite

J’ai dû persuader un banquier pour trouver le financement. Le projet était de taille, il fallait trouver des arguments solides pour lui donner envie de m’accorder la possibilité de réaliser cette folie. Mon enthousiasme et la manière dont je lui ai décrit ce que je voulais faire de cet endroit l’ont convaincu. Ouf !!!

Je devais, ensuite, trouver les bonnes personnes pour m’aider dans toutes les différentes étapes ; restructurer le vignoble, sauver ce qui pouvait encore l’être, commencer les travaux de restauration du chai, construire un hangar, construire des salles de stockage pour les fûts et les bouteilles, construire un caveau de dégustation/vente, rénover la maison d’habitation, restaurer la vieille bâtisse, etc… Tout cela ne pourrait se faire que dans le temps, petit à petit, en gérant les urgences et en différant certains objectifs, qui me tenaient à cœur, mais que j’ai dû repousser par manque de moyens.

Avec Yann, dans une parcelle abandonnée

En premier lieu, je devais m’adjoindre les compétences d’un très bon cabinet d’œnologie, compétent non seulement dans l’élaboration du vin – ou vinification – mais aussi dans la culture de la vigne. Mon amour de la vigne ne suffisant pas pour en avoir la connaissance. Les dernières études que j’avais faites lorsque j’avais repris, par plaisir, les chemins d’une école il y a quelques années, concernaient l’Art. Pas l’œnologie ni l’étude de la culture de la vigne.

Faire du vin est un Art… j’avais, peut-être, toutes mes chances de réussir à faire un vin dans lequel je pourrais exprimer toute ma sensibilité d’artiste. Pas si simple !!!

Je vous l’avoue, avant le Domaine, je n’étais pas une grande amatrice de vin. Je buvais très peu, un verre de temps en temps pour accompagner un bon repas. Ce n’est donc pas mon amour du vin qui m’a fait changer de vie mais, comme je vous l’ai dit, mon amour de la vigne.

Dans les vignes des Vallons

J’avais tout à apprendre concernant le vin…

Avec le recul, j’avoue qu’il fallait une bonne dose d’inconscience pour me lancer dans une aventure pareille…

Il a fallu que je me batte contre mes proches qui me disaient que c’était une folie de me lancer dans un tel projet… que c’était un métier trop difficile… surtout pour une femme car, malgré le fait qu’il y ait plus de femmes propriétaires de domaines viticoles qu’auparavant, ce monde agricole et viticole est, majoritairement, un monde d’hommes.

D’autant que je n’avais aucune antériorité dans ce métier, donc aucune crédibilité. Il fallait que je me batte deux fois plus pour montrer que je ne m’étais pas trompée…

Je n’ai jamais eu de doutes… j’allais y arriver… c’est sûr !!!!

J’avais le soutien de mes enfants, qui avaient chacun leur vie ailleurs, mais qui étaient fiers de voir le travail et la détermination de leur mère et cela me galvanisait encore plus. Leur avis et leur regard comptent infiniment pour moi et j’aurais très mal vécue la situation s’ils n’avaient pas, totalement et inconditionnellement, été enthousiasmés par mon projet.

Avec mes enfants, Marc, Yann et Sophie – 2005

Ils allaient suivre, de plus ou moins loin, selon les pays où ils se trouvaient à différents moments, toutes les étapes que je leur racontais en détail et venaient régulièrement sur place pour voir toutes les nouvelles réalisations.

Je suis certaine que, dans un coin de leur cerveau, ils devaient se dire que leur mère était un peu… comment dire… déraisonnable… voir peut-être même, complètement dingue, de s’être lancé dans une aventure pareille….

J’avais également le soutien, inconditionnel, de mon chien Blue, qui me suivait partout, mon merveilleux compagnon que j’aimais tant…

Claire And Blue
Blue et moi – 2006

La suite, la semaine prochaine. A bientôt.

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